Université de Bordeaux
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Des chercheurs du LaScArBx éclairent l’origine des mathématiques, Philosophical Transactions of the Royal Society, janvier 2018

Fragment mésial d'un fémur de Hyène découvert dans les couches moustériennes du site des Pradelles (Charentes) portant une série d'incisions produites par le même outil (haut) et deux groupes de quatre petites incisions (bas) partiellement superposéesFragment mésial d'un fémur de Hyène découvert dans les couches moustériennes du site des Pradelles (Charentes) portant une série d'incisions produites par le même outil (haut) et deux groupes de quatre petites incisions (bas) partiellement superposées

De quelle façon nos ancêtres sont-ils passés de la cognition numérique que nous partageons largement avec le reste du monde animal aux symboles mathématiques qui constituent le socle des civilisations modernes ? Plusieurs travaux récents ont montré que des objets avec des marques en séries ont été utilisés pour stocker et récupérer des informations numériques, et ce depuis le début du Paléolithique supérieur, il y a 40 000 ans. Les chercheurs ont  également remarqué qu’une augmentation dans la taille de l’information stockée et dans la complexité des codes permettant ce stockage s’observait vers la fin de cette période.


  


Rien de tel n’était connu pour la période précédente en Afrique et en Europe. Une équipe interdisciplinaire coordonnée par des chercheurs du LaScArBx (PACEA, unité mixte de recherche UB-CNRS-MCC)[1] s’est penchée sur cette question. Ses résultats viennent d’être publiés dans un volume spécial des Philosophical Transactions of the Royal Society consacré à l’origine des capacités numériques.

Une combinaison de méthodes issues de la psychologie expérimentale et de l’étude technologique et morphométrique a été appliquée à différentes séries d’incisions : certaines, actuelles, réalisées par des expérimentateurs ; d’autres présentes sur une fibula de Babouin découverte à Border Cave (Afrique du Sud) dans des couches datées de 44 000 ans ; d’autres encore sur un fémur de Hyène provenant des niveaux moustériens des Pradelles (Charentes), datées de 50 à 70 000 ans.

Les chercheurs ont ainsi montré que l’objet de Border Cave conserve le plus ancien exemple connu d’un système de notation basé sur l’accumulation de l’information au cours du temps. Les incisions réalisées sur l’os issu de la fouille du site des Pradelles, au contraire, ont été réalisées avec le même outil et au cours d’une seule session. Elles pourraient avoir été utilisées pour enregistrer une information numérique unique.

En s’appuyant sur ces résultats, les chercheurs proposent un scénario en cinq étapes qui aurait permis de passer de la cognition numérique animale à des systèmes de symboles numériques.


Référence de l’article
: d’Errico, F., Doyon, L., Colagé, I., Queffelec, A, Le Vraux, E., Giacobini, G.,  Vandermeersch B., Maureille, B. 2017. From number sense to number symbols. An archaeological perspective. Philosophical Transactions of the Royal Society, Series B 373: 20160518

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[1] 

UB : Université de Bordeaux

CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique

MCC : Ministère de la Culture et de la Communication

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2018
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