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LabEx Sciences archéologiques de Bordeaux 

Les chercheurs du LaScArBx percent les secrets d'une grotte paléolithique basque d'intérêt exceptionnel

Lorsqu'en 2000, Xavier Penalver, responsable d'une petite équipe en charge de la fouille de sauvetage d'une grotte basque destinée à la destruction découvre la première d'une longue série de galets percés, il n'arrive pas à en croire ses yeux. Ce qui semblait être une opération de tout repos dans un site presque stérile, se transforme en une course contre la montre et contre un puissant lobby politico-industriel qui a la ferme intention de faire exploser la montagne et la grotte à la dynamite.

Une bataille s'engage alors pour sauvegarder un site paléolithique unique, qui livre des dizaines de pendeloques, dents percées, pigments, empreintes de mains sur les parois et coquillages marins. Chose étonnante, certaines pendeloques en pierre sont découvertes les unes à côté des autres et disposées par ordre de taille.

Les datations 14C et le mobilier archéologique suggèrent une date d'environ 15 000 ans et une attribution au Magdalénien inférieur cantabrique.

L'étude des pendeloques, des dents percées, des coquillages et des crayons d'ocre est confiée à une équipe de chercheurs du laboratoire PACEA (UMR CNRS-Université de Bordeaux-MCC). Les recherches menées à Bordeaux révèlent, entre autre, que les galets utilisés pour fabriquer les pendeloques n'ont pas été ramassés dans la vallée du Deba, où se situe la grotte, mais plutôt dans des vallées proches du Pays basque français. Les crayons d'ocre ont aussi une origine exotique. La perforation des pendeloques a demandé plus de 100 heures de travail. Toutes les pendeloques portent des stigmates d'une longue utilisation pour orner un vêtement, probablement une cape.

L'analyse de coquillages, datées de  12 000 ans, révèle qu'il s'agit des restes d'un atelier de tri, le premier connu dans son genre. Tout porte à croire que les hommes du paléolithique ont ramassé de nombreuses littorines sur la côte située à quelques kilomètres de distance et se sont abrités dans la grotte pour choisir les coquilles de la bonne taille et de la bonne couleur pour fabriquer des parures. La raison d'un aussi grand nombre de pendeloques dans une grotte de petite taille et qui ne semble pas avoir été intensément habitée reste un mystère. Lieu d’activité d’un chaman ? Les chercheurs n’excluent pas de percer le mystère dans le futur.

La monographie qui rassemble les résultats de ces travaux vient d'être publiée. Elle constitue un exemple concret et bien abouti de collaboration scientifique transfrontalière pour la mise en valeur d'un patrimoine culturel commun.

 

Télécharger les articles publiés en janvier 2017 dans Munibe Monographs. Anthropology and Archaeology Series : 

- Les coquillages marins de Praileaitz I (Deba, Gipuzkoa) par Solange Rigaud, Francesco D’ERRICO, Marian Vanhaeren

- Les galets perforés de Praileaitz I (Deba, Gipuzkoa) par Francesco d’Errico, Marian Vanhaeren, Alain Queffelec

Les incisives de bouquetin perforées de Praileaitz I (Deba, Gipuzkoa) Analyse archéozoologique et technologique par Marian Vanhaeren, Francesco d’Errico

- Analyse des blocs de matière colorante de Praileaitz I (Deba, Gipuzkoa) par Alain Queffelec, Francesco d’Errico, Marian Vanhaeren

Pendeloques en pierre, dents percées, crayons d'ocre et coquillages marins découverts dans la grotte de Praile Aitz I, Pays Basques. Photos d'Errico/Vanhaeren/Rigaud


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