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Saint-Martin-de-Bruch n’a pas encore livré tous ses secrets...

Saint-Martin-de-Bruch n’a pas encore livré tous ses secrets...

Cette année encore et pour la troisième année consécutive, le chantier de fouilles de Saint-Martin-de-Bruch en Lot-et-Garonne a révélé bien des surprises. Ce site, connu depuis les années 60, confirmé par l’INRAP en 2005, n’a réellement été prospecté que ces 3 dernières années (chantier de fouilles programmées de 2011 à 2013). Il est d’abord occupé à l’époque antique par une villa gallo-romaine, réutilisée à partir du VIe siècle pour abriter une nécropole mérovingienne, peut-être utilisée jusqu’à l’époque carolingienne (Xe siècle ?).

Une quarantaine de sarcophages particulièrement bien conservés, ainsi que des murs de l’époque antique ont ainsi été mis au jour. Cette année en particulier, des découvertes sont venues bouleverser le planning du chantier qui devait s’achever définitivement à la fin juillet. Elles vont permettre de relancer des négociations pour l’acquisition du terrain qui n’a probablement pas encore livré tous ses secrets. Ceci permettrait de poursuivre et d’étendre les fouilles, et d’envisager, à moyen terme, l’aménagement et la valorisation du site pour un accueil du grand public.

Plusieurs sépultures ont en effet livré du mobilier archéologique (objets du quotidien et éléments vestimentaires) qui permettent de mieux connaître les défunts inhumés ici. Ces petits objets soulèvent de nombreuses questions notamment sur les échanges culturels entre populations et sur les catégories sociales du haut Moyen Âge. De plus, un sujet féminin présente une déformation crânienne, très probablement d’origine artificielle, dont il conviendra de préciser l’origine. Ces pratiques culturelles spécifiques sont en effet connues dans la région toulousaine ou en Burgondie à cette époque.

 

Crâne déformé appartenant à un sujet féminin découvert sur le site, juillet  2013

 

Boucle de ceinture en alliage cuivreux de type aquitain (VIe-VIIe siècle) retrouvée en place sur l'un des squelettes inhumé dans un sarcophage, juillet 2013

Le chantier de fouilles de Saint-Martin-de-Bruch s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche de la Maison des Sciences Humaines d’Aquitaine : « L’église, les morts, les vivants, de l’Antiquité tardive au Moyen Âge, archéo-anthropologie funéraire et histoire », piloté par Dominique Castex, archéoanthropologue (équipe PACEA – équipe A3P) et Isabelle Carton, archéologue et médiéviste (AUSONIUS), spécialiste du haut Moyen Âge.

Ce programme est un bon exemple de la coopération interdisciplinaire au sein du LabEx puisqu’il fait intervenir les anthropologues de PACEA et les historiens d’AUSONIUS à travers plusieurs champs thématiques communs et transversaux : les questions des pratiques funéraires, notamment par l’étude des modes d’inhumation et du mobilier associé aux inhumés, et également les questions de construction, d’occupation humaine, de l’utilisation et de la réutilisation du bâti antique.

 

Isabelle Cartron, Ausonius

 

Dominique Castex, PACEA

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