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Portrait de Coline Ruiz-Darasse, chercheur CNRS à AUSONIUS

En 2014, Coline Ruiz-Darasse, épigraphiste, spécialiste de la péninsule Ibérique, a rejoint l'équipe d'AUSONIUS sur un poste de chercheur CNRS.

Publié le lundi 13 juillet 2015
Portrait de Coline Ruiz-Darasse, chercheur CNRS à AUSONIUS

Coline Ruiz-Darasse a effectué ses études de Lettres Classiques et d’Archéologie à Toulouse. Après une maîtrise sur le Linéaire B (l’une des écritures syllabiques du grec mycénien) qui lui permet de percevoir la possibilité de reconstituer l’ensemble d’une société à partir de petites inscriptions, elle se tourne vers ses origines espagnoles en s’intéressant lors de son DEA à la péninsule Ibérique : l’Espagne livre, en effet, un nombre conséquent d’écritures fragmentaires. A ce jour, leur phonétique est bien définie mais leur sens, lui, est encore méconnu.


En 2005, Coline obtient l’Agrégation de Lettres Classiques. Elle est ensuite membre de la Casa de Velázquez (École des hautes études hispaniques et ibériques de Madrid) en 2006-2007 et 2008-2009. Elle y prépare sa thèse, soutenue en 2011 sur les « Interfaces épigraphiques et les contacts linguistiques entre Celtes et Ibères dans le Nord-Est de la péninsule Ibérique et le Sud de la Gaule (Ve et Ier siècles avant J.-C.) », sous la direction de Pierre-Yves Lambert.


Chargée par la suite de la publication des Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres à Paris, Coline Ruiz-Darasse est recrutée en 2014 à Ausonius par le CNRS pour travailler sur la période protohistorique de l’axe « Péninsule Ibérique » et sur l’épigraphie des peuples ibériques et gaulois avant la conquête romaine. Son travail vise à identifier les traces de contacts entre des personnes de langues différentes et les processus d’interpénétration des populations entre elles afin de mieux comprendre comment s‘écrivaient et s’entendaient ces langues anciennes fragmentaires. Elle étudie en particulier les contacts graphiques et linguistiques à travers l’écriture de noms dans une langue ou une écriture autres que celles d’origine, afin d’identifier la notation et l’adaptation de sons qui n’existeraient pas dans la langue initiale.


Coline travaille principalement sur des objets déjà publiés. Ses recherches s’appliquent aujourd’hui à environ 20 000 inscriptions datées entre -500 av. J.-C. et le tournant de l’ère, réparties sur l'ensemble de la péninsule ibérique ; ces inscriptions sont écrites dans des semi-syllabaires dont il existe au moins 5 variantes, elles-mêmes comprenant au moins 5 langues différentes et potentiellement enrichies de plusieurs dialectes.


Au sein d’Ausonius, Coline Ruiz-Darasse poursuit les projets engagés et prépare également plusieurs dossiers d’inventaires, dont certains s’inscrivent dans le cadre de projets européens. En particulier, elle projette la mise en place d’une école thématique au sein du LaScArBx, qui permettra de former et familiariser professionnels et étudiants aux écritures et langues fragmentaires.


Pour Coline, la richesse et l’intérêt de son travail résident dans la nécessité de devoir collaborer avec des spécialistes de domaines très différents  mais aussi dans la possibilité de toucher au commun, au quotidien d’un instant de l’Histoire.



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