Université de Bordeaux
LabEx LaScArBxCluster of Excellence
Cluster of excellence

La première gravure néandertalienne découverte à Gibraltar, septembre 2014

La première gravure attribuée à l’Homme de Neandertal vient d’être découverte dans la grotte de Gorham, à Gibraltar. Datée à plus de 39 000 ans, ce motif en croisillons étaye l’idée que les néandertaliens possédaient une culture matérielle symbolique. Ces résultats, publiés le 1er Septembre 2014, sont le fruit de la collaboration entre des chercheurs de PACEA et des équipes anglaises et espagnoles.

Publié le jeudi 04 septembre 2014
La première gravure néandertalienne découverte à Gibraltar, septembre 2014

Profondément incisée dans le sol, cette gravure forme un motif en croisillon. Elle a été découverte sous une couche de sédiments, riche en matériel moustérien, culture caractéristique de l’Homme de Neandertal et datée de 39 000 ans. Or à cette époque, les néandertaliens peuplaient encore cette partie de la péninsule ibérique.

Réalisé par une équipe composée de chercheurs du laboratoire PACEA et des équipes anglaises et espagnoles, ce travail a permis, grâce à une étude microscopique et une reconstruction en 3D, de démontrer l’origine humaine de la gravure et son caractère intentionnel. En effet, les incisions résulteraient de passages répétés d’une pointe lithique sur la roche (entre 188 et 317 passages). Ces traits ne peuvent donc pas être la conséquence d’activités utilitaires telles que la découpe de la viande ou de peaux.

La découverte de cette gravure étaye l’hypothèse selon laquelle certaines cultures néandertaliennes produisaient des représentations graphiques. Ces représentations, figuratives et abstraites, jusqu’ici attribuées uniquement à l’Homme moderne, constituent  une innovation cruciale dans l’évolution des cultures humaines. Elles étaient également évoquées pour suggérer des différences cognitives marquées entre Homo sapiens et Homo neanderthalensis. Cette découverte remet en question ces théories.


Télécharger le communiqué de presse du CNRS

Lire l'article du Sud-Ouest du 2 Septembre



HAUT